Il y a quelque temps, j'avais expliqué en ces mêmes lieux que l'anglais pouvait sur certains points être plus facile que notre bonne vieille langue française. Mais comme rien n'est vraiment aisé en ce bas monde, il me faut rétablir la vérité : l'anglais est une plaie ! Je citerai, de manière non-exhaustive (votre patience étant sans doute limitée) :

  • les faux amis (mots qui ressemblent à des mots français mais ont une signification différente) : pas de miracle, il faut apprendre par cœur ; si vous êtes "intoxicated", n'appelez pas le centre anti-poison, vous avez juste abusé de la Guinness (to be intoxicated : être sous l'emprise de l'alcool)
  • une phonétique pas toujours cohérente, au moins à nos oreilles de francophones : pourquoi le I de "live" peut-il se prononcer de deux façons différentes, mais pas celui de "like" ?
  • des accents très variables d'un pays à l'autre - voire d'une région à l'autre : quand un Londonien de pure souche écoute un Texan pur jus, il n'y retrouve pas toujours ses diphtongues
  • une prononciation délicate à appréhender (au moins au début) pour tout non-anglophone : entre accent tonique sur les mots et les phrases et autre emphase, etc. le pauvre Francophone, qui n'a pour ainsi dire appris l'anglais qu'à l'écrit, se trouve rapidement dépourvu...
  • des mots qui peuvent être à la fois nom, verbe et adjectif, et avoir des dizaines de significations différentes (allez voir à "get" dans votre dictionnaire anglais-français favori), sans compter ceux qui d'un pays à l'autre peuvent avoir un sens très différent (reprenez votre dictionnaire au mot "pavement", et vous comprendrez qu'il vaut mieux savoir où on se trouve pour marcher en sécurité...)
  • un système de pensée qui peut être très variable d'un pays anglophone à un autre, et être radicalement opposé au nôtre : connaître ces schémas de pensée permet de comprendre beaucoup de points de grammaire, mais hélas, l'enseignement de l'anglais tel qu'il est fait en France occulte cet aspect ô combien fondamental...


Je m'arrêterai là, de peur de vous faire fuir. Et pour être honnête, je rappellerai que toute langue vivante a ses difficultés propres, le français étant bien placé de ce point de vue. Patience et longueur de temps sont de très bonnes alliées pour tout apprentissage, celui des langues n'échappant pas à la règle. Et puis... on peut vivre sans connaître l'anglais, comme le montrait fort justement Pierre Desproges.